Confinement : comment réagissent les sites de rencontre ?

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Au temps du Coronavirus, nos vies sont chamboulées. Par conséquent, l’amour l’est aussi. Avec le confinement, mis en place depuis le 17 mars 2020, les inscriptions sur les sites de rencontres ont drastiquement chuté, tout comme la fréquence de connexion des membres. En cause : l’impossibilité de se rencontrer en face pour concrétiser les échanges virtuels. En effet, pour une bonne partie des 8 millions de célibataires en France, ne pas pouvoir se voir lors d’un premier rendez-vous physique est un frein important. Les sites de rencontres comme les célibataires doivent s’adapter à cette situation qui modifie les rencontres amoureuses.

Plus d’un million de personnes ont délaissé les sites de rencontres

Selon l’étude de Stat-rencontres , qui analyse l’impact du Coronavirus sur le comportement des célibataires français, les audiences de ces sites ont baissé de plus de la moitié, avec une moyenne de -55%. Avant le confinement, plus de deux millions de personnes (2 640 000) se connectaient tous les jours à un site ou à une application de rencontres. Aujourd’hui, environ un million d’utilisateurs (1 100 000) ont abandonné cette habitude quotidienne. Presque toutes les plateformes du secteur sont délaissés par leurs membres et, dans le même temps, n’attirent pas non plus de nouveaux membres : le nombre des nouvelles inscriptions est globalement divisée par deux.
Pour réaliser cette étude, Stat-rencontre, comparateur de 118 sites et applications de rencontres, a interrogé un panel de 4 530 utilisateurs. Résultat : ce sont les applications de rencontre sur smartphone comme Tinder, Happn, Grindr, etc. qui sont le plus touchéees. Ces plateformes font face à une baisse moyenne de 65% de leur utilisation par rapport au temps normal. Les sites internet, à l’instar de Meetic ou AdopteUneMec, constatent une importante chute avec 45% de fréquentation en moins.
Sans surprises, ce sont les sites qui proposent des sorties entre célibataires (SortirBouger, CpourNous…) qui voient un réel effondrement d’audience : 70% de leurs membres ne consultent plus leurs sites. Seules les plateformes de rencontres libertines (AdultFriendFinder, Wyylde…) s’en sortent plutôt bien. La connexion y baisse uniquement de 20%.
Cette décroissance d’utilisation est constatée chez toutes les catégories d’âge. Mais elle est nettement plus marquée chez les personnes de 60 ans et plus. Les sites qui ciblent les séniors, à l’exemple de DisonsDemain, filiale de Match.com, voient leur audience s’effondrer avec une chute de 75%.

Découverte du slow dating

C’est l’idée d’une rencontre au mieux lointaine mais particulièrement incertaine qui rend les internautes moins intéressés par la drague. En général, il ne se passe qu’une dizaine de jours entre le premier échange de messages et la rencontre en face à face. Pour l’instant, le confinement pourrait durer 45 jours au total, c’est pourquoi les célibataires estiment qu’il n’est pas nécessaire d’engager des discussions autant à l’avance.
Pour certains en revanche, l’impossibilité de se rencontrer pourrait être une aubaine. En effet, ceux qui utilisent encore ces sites et applications disposent de davantage de temps pour échanger et réellement apprendre à se connaitre avant le premier rendez-vous. C’est ce qui est appelé le “slow dating”.
Selon un sondage publié par l’application pour smartphone Happn, près de 43% des utilisateurs affirmaient avoir modifié leurs techniques de drague. De plus, sept membres sur dix affirment passer plus de temps sur la messagerie instantanée de l’application depuis le début du confinement. Ceux qui restent privilégient bien une approche plus lente au travers de conversations sur le temps long.

Les utilisateurs s’adaptent et adoptent de nouveaux usages

Dans ce contexte si particulier, les internautes font parfois preuve d’une grande adaptabilité. Toujours selon l’étude Happn, plus de la moitié de ses utilisateurs envisagent une conversation vidéo en lieu et place du rendez-vous physique (54%). Cette pratique se retrouverait également chez les autres plateformes de rencontres.
Ce sont donc les produits qui doivent s’adapter à ce nouveau premier rendez-vous via caméra. Once a annoncé qu’une option live-vidéo sera mise en place rapidement, accessible directement depuis leur interface. Elle ne sera bien sûr disponible que si les deux célibataires ont échangé plusieurs messages à l’écrit. L’application Tinder a quant à elle rendu gratuit son outil “Passeport” jusqu’au 30 avril. Cette option permet de contacter d’autres célibataires habitant à l’étranger. Happn a dû également modifier ses conditions en élargissant son périmètre de recherche à 90 kilomètres, contre ses 250 mètres initiaux.
Les services de marketing eux aussi tentent de pallier à cette baisse en adaptant leurs contenus de communication, notamment chez Tinder et Meetic. Ces sites ont rappelés à la membre dès début mars qu’il était préférable de ne pas se rencontrer. Meetic a notamment dû retirer momentanément les slogans comme ” des rencontres proches de chez vous”.

Les sites de rencontres doivent donc faire face à cette chute drastique de leur audience. Malgré le confinement et ses conséquences immédiates, la drague et la découverte de partenaires potentiels sont toujours au programme pour les membres toujours actifs qui découvrent de nouvelles manières de se rencontrer.